Prise de poids: et si c’était un syndrome métabolique?

par | Sep 4, 2020 | Conseils | 0 commentaires

Prise de poids: et si c’était un syndrome métabolique?

Le poids est souvent une question délicate en consultation. Mon premier souci est déjà de savoir si ce poids est bien vécu. Que ce soit d’un point de vue esthétique ou santé, la perte de poids est un motif de consultation classique.
Et en effet, quand le poids devient une gêne dans les activités quotidiennes, quand les douleurs se font sentir au niveau articulaire, quand les paramètres biologiques de santé s’écartent de la norme, quand les efforts faits pour maigrir s’avèrent inefficaces, la demande est légitime.

Quels paramètres prendre en compte?

Déjà, où s’est accumulé le gras? Si, en mesurant le tour de taille, celui-ci est supérieur à 88 cm pour une femme (voire 80 d’après les nouvelles normes), et 102 cm pour un homme (plutôt 95 cm maintenant) , c’est le premier signe d’alerte.
Une tension supérieure à 14/9, un taux de « bon » cholestérol (HDL) plutôt bas, des triglycérides élevés, une glycémie au delà de 1g/l?
Voilà le tableau de ce que l’on nomme aujourd’hui le syndrome « X » ou syndrome métabolique.

Quels sont les risques?

L’accumulation de graisse dite viscérale engendre une inflammation de bas grade, mesurable souvent grâce à la CRP ou protéine C-réactive ultra sensible.
La graisse étant aussi une glande endocrine à part entière, des dérèglements hormonaux peuvent se produire: syndrome des ovaires polykystiques, irrégularité du cycle menstruel…
Le LDL (ou « mauvais cholestérol« ) peut s’oxyder, et causer des dommages aux artères: dépôt, rigidification des artères… AVC, thrombose, infarctus… sont des conséquences possibles de cette oxydation.
Une glycémie élevée, voire une résistance à l’insuline (raison pour laquelle je demande souvent les tests de HOMA/QUICKI qui permettent de la mesurer) et nous observerons à terme un phénomène de glycation, c’est-à-dire une forme d’oxydation qui a lieu entre sucre et protéines, qui cause des pathologies telles que cataracte ou encore neuropathies chez les personnes diabétiques.
Le poids fait enfin peser des contraintes au niveau osseux, tendineux, musculaires, mais aussi au niveau viscéral. Elles sont synonymes de douleurs variées.

QUE FAIRE?

Il convient déjà de faire un bilan extensif à l’aide des différents marqueurs sanguins, de vérifier qu’un dysfonctionnement hormonal n’est pas la cause de la prise de poids. La dysbiose intestinale peut, elle aussi, être un facteur, avec une flore perturbée. Une fois ces paramètres éliminés, on cible la prise en charge: à l’aide d’anti-oxydants, d’omega 3, de plantes pour réactiver le foie ou encore pour drainer l’organisme, le détoxifier. On rééquilibre la flore à l’aide de probiotiques ou on nettoie l’intestin de ses pathogènes, puis on s’oriente sur une alimentation « à charge glycémique basse ».

En effet, tous les aliments provoquent une élévation plus ou moins élevée de la glycémie et le but est d’éviter les pics comme les effondrements du taux de glucose sanguin. On parle souvent d’index glycémique, donc de la capacité d’un aliment à élever le taux de glycémie, mais aujourd’hui, on prend aussi en compte la portion absorbée de l’aliment (la charge glycémique).
Il est possible de faire baisser l’impact glycémique en augmentant la quantité de fibres ingérée au cours du repas, mais aussi en commençant tout simplement par une salade avec des oléagineux ou une source de « bon gras », ce qui ralentira la réponse insulinique.
Si le problème vient de la thyroïde, après une analyse minutieuse des éventuelles carences, une complémentation micro-nutritionnelle sera mise en place.
Enfin, un travail est nécessaire sur:
– la gestion du stress (élévation du cortisol et prise de poids vont bien souvent de pair)
-les émotions (quand on se sent « vide », que l’on a besoin de réconfort, on jette facilement son dévolu sur la nourriture)
-le sommeil (qui peut entraîner une résistance hormonale)
-le retour à une forme d’activité physique efficace (le HIIT par exemple).

Vers quels compléments alimentaires se tourner?

Berbérine ou Cannelle de Ceylan, lycopène, L-carnitine, chrome, anti-oxydants, vitamine D, Probiotiques, Plantes drainantes, plantes apaisantes, Bourgeon de Sorbier…La palette est large et permet ainsi de cibler l’origine de la perte de poids, d’agir encore une fois sur le terrain: hormones, inflammation, sommeil, dysbiose…

Une approche raisonnée

L’exposition à l’insuline étant un problème essentiel dans la prise de poids, il faut donc faire en sorte qu’elle soit moins souvent sécrétée. Car notre corps est toujours programmé pour de longues périodes de jeûne, comme il l’était au commencement. Ainsi, le jeûne intermittent s’est imposé comme une solution efficace. En créant une période insulino-prive d’au moins 12h (de 16h idéalement), on redonne une chance à nos cellules de se « reprogrammer ». Le régime à index/charge glycémique bas vient en renfort de cette mesure simple mais efficace.

Agissez au plus vite!

Si on laisse ce syndrome métabolique s’installer, on risque de se diriger vers une insulino-résistance, c’est-à-dire une dérégulation telle que les cellules ne sont plus sensibles à l’insuline. Le sucre, au lieu de rentrer dans les cellules et de leur servir de combustibles, reste donc dans le sang, au risque de s’y oxyder. Le diabète se profile donc à l’horizon.

Or la prise de poids n’est JAMAIS une fatalité. Les causes, comme vous le voyez, sont multiples et souvent difficiles à cerner, et le seul déséquilibre entre apports caloriques et dépenses physiques n’explique pas tout. L’avantage de la naturopathie est de porter un regard sur l’ensemble de votre organisme, de brosser un tableau complet de votre santé, de votre histoire personnelle et familiale, tant physique qu’émotionnelle et d’agir ainsi sur plusieurs sphères pour garantir une perte de poids durable et saine.

Attention : Ne mettez pas en place ces conseils sans consulter au préalable un professionnel de santé.

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