La Périconception

par | Mar 15, 2021 | Conseils | 0 commentaires

La Périconception

De plus en plus de couples éprouvent des difficultés à concevoir, et cela fait partie des demandes fréquentes en naturopathie. Il est vrai que plusieurs aspects sont à prendre en compte chez la femme.

Le cycle menstruel

D’une manière générale, on considère un cycle de 28 jours, avec un pic de température au 14ème jour correspondant à une ovulation.
Cependant, je note que mes consultantes ont souvent des cycles irréguliers et parfois même accompagnés d’un syndrome pré-menstruel (SPM) marqué (seins douloureux, irritabilité, douleurs dans le dos ou le bas-ventre…). Ceci peut signer un déséquilibre hormonal entre oestrogènes et progestérone.En temps normal, une fois les oestrogènes utilisés, ils sont « décomposés » (on dit « déconjugués ») par le foie et envoyés vers les reins pour élimination.
Seulement, si la detox hépatique se fait peu ou mal, on se retrouve avec une quantité d’oestrogènes toxiques dans le corps, conduisant à une hyperoestrogénie. On voit alors apparaître cette irrégularité des cycles, avec en parallèle des règles souvent abondantes et avec caillots

La detox hépatique et les oestrogènes

Le but de la détox des oestrogènes est de les faire passer d’un état liposoluble à un état hydrosoluble afin que les reins puissent les éliminer avec l’urine. Dans un premier temps, le foie va ramener des molécules sur les oestrogènes, les rendant ainsi beaucoup plus toxiques: c’est un peu le principe d’un explosif. Dans un deuxième temps (deuxième phase de detox hépatique), pour reprendre la métaphore, on va faire « exploser » les molécules obtenues, se débarrassant ainsi de la toxicité d’une part et des oestrogènes d’autre part.
Or, cette deuxième phase, la plus cruciale, peut être rendue inefficace par plusieurs facteurs: un manque de fer, de zinc, de magnésium, de vitamines du groupe B…autant de déficits micronutritionnels qui vont venir bloquer ce cycle.

Le fer

Bien souvent, les bilans sanguins dosent la ferritine, c’est à dire le stock de fer dans le corps. Mais on oublie trop souvent qu’une situation inflammatoire ou une infection quelconque vont faire augmenter ce taux: sachant que les pathogènes peuvent utiliser le fer pour se développer, le corps, intelligent, séquestre le fer dans ces deux états. Ceci peut laisser penser, à tort, que la réserve martiale est suffisante…
Il convient donc de tester aussi fer sérique, transferrine et CST afin de s’assurer que le fer, absolument indispensable à la detox hépatique, est bien présent.

La sensibilité aux messages hormonaux

Les hormones sexuelles ne sont bien évidemment pas les seules à prendre en compte dans la périconception! Les hormones thyroïdiennes sont tout aussi essentielles pour une grossesse.
L’alimentation, est, dans tous ces cas, le premier pilier à optimiser: la consommation quotidienne d’acides gras poly-insaturés (les fameux omega 3 surtout) est capitale:poissons gras, huiles végétales ciblées, oléagineux…
Les acides gras permettent une bonne fluidité membranaire des cellules, qui peuvent ainsi exprimer plus facilement leurs récepteurs aux hormones.
Dans le cas de la thyroïde, zinc, sélénium et iode sont les autres cofacteurs nécessaires. Notons qu’en Haute-Savoie, les pathologies liées à la thyroïde sont très fréquentes, et je recommande vivement un bilan thyroïdien complet avant une grossesse.

Les vitamines

B2 et B3 pour un fonctionnement optimal des cellules, mais aussi B6, B9 et B12 pour ce que l’on appelle la « méthylation ». A ce propos, le dosage de l’homocystéine, reflet direct de cette méthylation, est préconisé. La méthylation désigne simplement une transformation chimique nécessaire à l’expression des gènes, à un équilibre neurologique optimal et à une bonne santé cardio-vasculaire. Une hyperméthylation est, entre autres, l’une des causes possibles des fausses couches à répétitions. Attention au taux de vitamine B12 ACTIVE dans le sang pour les vegans.
Evidemment, je surveille aussi les vitamines D et A pour la santé de la peau et des muqueuses, mais aussi pour l’immunité et le capital osseux de la mère comme de l’enfant.

Equilibrer son terrain

Si vous êtes plutôt amatrice de produits d’origine animale, viande, charcuterie, fromages…et si vous consommez peu de sources d’omega 3, il est probable que votre terrain soit plutôt acidifié.
Dans ce cas, optez pour les légumes verts, frais, locaux, de saison et crus si possible. Bio pour limiter l’ingestion de pesticides ou produits chimiques, locaux pour éviter la déperdition de vitamines lors du conditionnement ou du transport et de saison car c’est à ce moment que fruits et légumes sont le plus chargés en vitamines et minéraux.Le fait de manger cru permet par ailleurs de conserver un maximum de nutriments.
En revanche, si vous êtes strictement vegan ou très majoritairement végétarienne, faites un profil de vos acides gras érythrocytaires. Il se peut que vous soyez carencée dans certains acides gras. Si vous présentez des reflux gastro-oesophagiens, votre bol alimentaire n’est peut-être pas suffisamment acide. Une acidité gastrique insuffisante impacte la digestion mais aussi l’absorption du fer et de la vitamine B12.

L’insuline et le cortisol

On sait que le stress impacte la production de cortisol, qui va s’élever, phénomène très nuisible à la santé. Le cortisol étant synthétisé aux dépends de la progestérone, le taux de cette dernière peut chuter, accentuant ainsi un déséquilibre hormonal entre oestrogènes et progestérone. Par ailleurs, si la progestérone est trop basse, le maintien d’une grossesse n’est pas possible.
Mais un taux de cortisol élevé joue aussi sur l’augmentation de l’insuline. Or, nous savons que l’hyperinsulinisme est un facteur majeur d’insulino-résistance et de diabète de type 2. Dans le syndrome des ovaires polykystiques, on rencontre très souvent cette hyper sécrétion d’insuline.
Il faudra donc avoir une bonne gestion de son stress pour maximiser les chances de grossesse!

Les microbiotes

Le microbiote buccal, le microbiote vaginal et le microbiote intestinal sont tous à préserver. Les proliférations bactériennes et/ou fongiques prennent parfois naissance dans la bouche et vont polluer les intestins, créant ou accentuant une porosité qui risquent de favoriser la migration des pathogènes du microbiote intestinal vers le microbiote vaginal.
Sachant que l’immunité du bébé dépend de la qualité de la flore vaginale de la mère au moment de la naissance (si celle-ci se fait par voie basse), on comprend bien l’importance d’un bon équilibre de la flore de chaque milieu.
Ainsi, si vous présentez des cystites et/ou des mycoses à répétitions, consultez avant de vous lancer dans un projet de grossesse.

En conclusion

La naturopathie offre aux femmes une chance de prendre en compte l’intégralité de ces facteurs et de les réguler déjà par l’alimentation et la micronutrition. Prenez Rendez-vous!

Attention : Ne mettez pas en place ces conseils sans consulter au préalable un professionnel de santé.

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